Activisme · Militantisme

LE VIOLEUR, C’EST TOI !

La dernière fois qu’un homme m’a agressée puis a essayé de me violer, j’avais 23 ans, et c’était mon ———. Comme quoi les « liens du sang » ne sont parfois rien d’autres que les chaînes qui t’accrochent à ton trépas.

A l’époque, je venais de débarquer à Paris et j’habitais temporairement chez ma ———. Mon ———, qui lui n’habitait pas Paris mais y bossait ponctuellement, venait alors dormir de temps en temps à l’appart. A l’époque, mon ——— n’avait jamais, JAMAIS eu aucun geste déplacé de près ou de loin envers moi. L’ambiance était donc bonne et détendue. Je partageais la chambre de mon petit —– qui était encore tout gamin, dormait lui dans une mezzanine, et moi, j’avais un “lit” sous forme de petit matelas en dessous. Tout ça faisait un peu camping familial de bohémiens, mais tout était très safe, très bon enfant.

La première fois que mon ——— m’a rejointe dans mon lit lors d’un de ses passages à Paris, mon petit —– dormait déjà au dessus de moi dans sa mezzanine. Toutes les lumières étaient donc éteintes. Les discussions après manger s’étaient éternisées, et il était assez tard. Cette fois là, mon ——— est juste venu pour discuter. Ça faisait quelques années qu’on ne s’était pas vus, puisque je sortais de 2 ans d’études à l’étranger précédées de 2 ans d’enfermement dans une relation violente. Quatre ans en tout. Moi, naïvement, j’étais juste très contente de retrouver mon ——— et de reconnecter avec lui. Jamais j’aurais pu imaginé ce qui allait se passer. Ou ce qui se tramait dans sa tête. Jamais.

La fois suivante, lors d’une nouvelle visite à Paris quelques semaines plus tard, à la suite là aussi d’un dîner-conversation supra tardif, mon ——— est à nouveau venu me rejoindre sous la mezzanine de mon petit —– depuis longtemps assoupi. Toutes les lumières étaient éteintes, donc. On a commencé par parler de tout, de rien, de mes projets, puis rapidement de mes differents mecs du moment, Benjamin, Jonathan. Il a commencé à me parler de moi, en des termes qui me paraissaient un peu étranges, mais en face de moi, c’était mon putain de ———, bordel ! J’étais à 1000km de penser qu’il pouvait y avoir quoi que ce soit d’ambigu. Sauf qu’il s’est mis à me parler de l’effet que je faisais aux hommes, et de l’effet que je lui faisais à lui, et m’a alors soudainement pris le poignet avec force pour poser ma main sur son sexe. Il bandait. Je me suis glacée. Le temps que je comprenne ce qu’il m’arrivait, il faisait bouger ma main sur son sexe pour le branler, et m’embrassait en même temps.
Je me suis dégagée en marmonnant comme j’ai pu les questions et phrases qui me venaient en tête, mais à voix basse pour ne pas risquer de réveiller mon petit —–. “Mais qu’est ce que tu fais ?”, “Enfin, ———–, je suis ta —–, c’est pas possible…”. Je ne me souviens même plus de ses réponses. Je me souviens juste que ma ——— a incidemment ouvert la porte, demandé à mon ——— s’il allait se coucher maintenant, qu’il s’est levé et est parti, comme si de rien était, se pieuter dans le canapé-lit du salon que nous lui préparions à chaque fois ma ——— et moi.
Cette nuit-là, je n’ai pas dormi. Je n’ai pas pleuré. Je n’ai pas bougé. Je n’ai pas bronché. J’étais pétrifiée de terreur, au sens propre, au sens figuré. J’avais peur qu’il revienne. Plus tard, j’apprendrai que cette réaction a un nom : la sidération. J’ai envoyé un message au seul ami vraiment proche et de longue date que je connaissais à Paris à ce moment là, en lui demandant de me retrouver le lendemain.

J’étais bouleversé, mais je n’étais pas prête à raconter ce qu’il s’était passé en détail. Poser des mots dessus aurait été reconnaître que mon ——— m’avait effectivement agressée, et j’étais encore sous le choc, incapable de faire face. J’ai simplement demandé à mon ami : “Est ce que c’est normal si ton ——— essaie de t’embrasser ?”. Il m’a demandé : “Embrasser comment ?”. Je lui ai dit : “Embrasser, embrasser.” Il m’a répondu que non. J’ai juste dit : “Mon ——— m’a embrassé hier.” Nous sommes d’abord restés silencieux sur notre banc parisien ensoleillé, puis mal à l’aise, j’ai changé de conversation, et nous n’en avons jamais reparlé.

Rare occurrence, mon ——— restait cette fois ci deux nuits à Paris. Terreur. J’avais l’angoisse de rentrer à la maison. Je savais qu’il était là. Et quelque part, je savais qu’il m’attendait. Je savais qu’il essaierait de recommencer. Ça n’a pas loupé. Sauf que cette fois, j’ai fait semblant d’être endormie, recroquevillée contre le mur, inaccessible, avant même qu’il arrive. Evidemment, Il s’est pointé, comme je l’avais pressenti. Il a tenté de me “réveiller”, j’ai gémi comme quelqu’un qui râle qu’on le réveille, fort, et mon petit —– a alors commencé à se réveiller. Mon ——— est donc finalement reparti, bredouille.
Je n’ai pas non plus dormi cette nuit là.

Le lendemain matin, alors que je croyais que ma ——— serait avec nous toute la journée et donc jusqu’à ce qu’il parte prendre son train, je me glace. Je comprends à un moment que le mec de ma ——— va emmener les gosses à l’école, et que ma ——— a un RDV.
Je percute : je vais me retrouver seule avec lui.

Je vais me retrouver seule avec lui… Je vais me retrouver seule avec lui… Je ne sais pas quoi faire. Je me souviens de l’angoisse, de la panique. De regarder sur la table du petit dej s’il y a quelque chose avec lequel je peux me défendre au cas où la situation s’envenimerait gravement. Je n’ai plus aucun repère de sécurité. Ma ———, son mec, ses gosses, tout le monde passe la porte, la porte claque, et aussitôt il se jette sur moi. Pas méchamment, mais comme si dans le scenario qu’il se faisait dans sa tête, je n’attendais que ça moi aussi, qu’on se retrouve enfin seuls. Il me pousse sur le canapé lit encore ouvert en souriant, je me défais de son emprise et me relève, en essayant de désamorcer la situation par le second degré, mais je suis terrifiée. Il me rattrape et me force à nouveau sur le canapé-lit. Il se presse contre moi. Il bande. J’ai peur. Je le repousse plus fermement, en lui disant d’arrêter, que je dois partir, que j’ai un rendez-vous. Je ne sais toujours pas par quel miracle, à force que je tente sans relâche de m’échapper de son étreinte, il finit par desserrer ses doigts et me laisse partir.
Le soir même, je retrouve un de mes mecs de l’époque et fond en larme en lui racontant tout. Boxeur de haut niveau, il me prévient très sérieusement que s’il le croise, il lui fera la peau, et que si mon ——— revient crécher chez ma ———, je n’aurais désormais qu’à venir systématiquement chez lui et qu’il me protègera. A ce moment là, pourtant d’habitude vraiment contre toute forme de violence physique, c’est ce que j’avais envie et besoin d’entendre pour me sentir en sécurité.

Mes règles se déclencheront le lendemain, et je saignerai alors abondemment pendant 6 semaines à la suite de cette tentative de viol. Traumatisée par l’agression, je prendrai mon mal en patience et n’irai pas voir un gynéco, parce que pas envie de me faire tripoter la vulve ou quoi que ce soit d’intime. Les relations avec ma ——— se dégraderont du jour au lendemain à partir de là également.
Rien ne s’arrange quand je décide de confronter mon ——— sur un messenger de l’époque, je crois MSN, résolue à le mettre face à ses actes, en lui demandant ce qu’il se passait pour lui et qu’est ce qu’il lui prenait au juste, et m’entendre dire que “je devais n’en parler à personne”, “ils ne comprendraient pas”, “qu’il se passe quelque chose entre nous, et que c’était absolument normal, qu’il fallait que je me rendre à cette évidence”.
Au bout du rouleau, je décide de tout raconter à un autre de mes mecs de l’époque, de l’agression, du climat de tension avec ma ———, et il me propose alors de venir emménager dans son appart que lui quitte incidemment quelques jours plus tard, pour aller bosser temporairement dans le sud. Je saute sur l’occasion, et me retrouve alors enfin hors de danger.

A ce stade, je pensais pouvoir enterrer ça dans ma mémoire et ne plus jamais en parler. C’était sans compter sur ma ——— qui commençait à baver sérieusement sur ma gueule à mes parents, et qui tartinait ses élucubrations à longueur de temps, à tel point qu’elle avait convaincu mes parents que ce n’était pas moi qui était partie ( = avait fuit ) mais bien elle m’avait “mis dehors” parce que “je foutais rien au lieu de trouver du boulot” (à savoir, j’ai trouvé un taf DES que je suis partie de chez elle). Quelques mois plus tard, me voilà donc à m’engueuler avec ma mère dans la voiture à je ne sais quel propos, jusqu’à ce qu’elle sorte un “de toute façon, c’est pour ça que —- t’a foutu dehors !”.
Et là, j’ai pété un plomb. Tout est sorti. Vomi verbal incontrôlé. Ma mère m’a écoutée. Elle m’a cru. Elle m’a invité à en parler à mon père. Je l’ai fait. Lui aussi m’a écouté. Lui aussi m’a cru. Ça m’a fait beaucoup de bien. Je ne l’avais jamais vu dans une telle colère, cependant. Il a eu quelques phrases maladroite sous le le coup de cette colère, que je lui pardonne. Il eût préféré que j’ai le réflexe de casser la gueule à mon agresseur de ———. Franchement, moi aussi. Mais malheureusement, ce n’est pas ce que dicte l’instinct de survie du cerveau reptilien dans ces cas là.
Enfin, comme il n’y a – à mon sens – pas de hasard, mon ——— a incidemment appelé le lendemain chez mes parents, totalement ignorant de ma présence chez eux, pour demander s’il pouvait venir les voir prochainement avec sa femme et ses enfants. Je suis restée assise à écouter mes parents lui répondre qu’ils n’avaient plus jamais envie de le voir ni d’entendre parler de lui, et quand il a demandé pourquoi, entendre mes parents répondre “T’as qu’à demander à Mathilde” et les voir lui raccrocher au nez.

A ce jour, je me rends compte de la chance inouïe que mes parents m’aient crue puis défendue. Plus tard, j’ai également tout raconté à ma ———, ayant peur que mon ——— jette désormais son dévolu de malade mental sur ma petite —–. La première réaction de ma ——— a été de me demander si je ne l’avais pas un peu “chauffé” ou “cherché” même malgré moi. De l’hégémonie de la culture du viol, qui rend responsable les victimes de leurs agressions même au sein de la famille, comme s’il était courant / normal d’aller chauffer son propre ——— ET QU’IL DÉCIDE, BONNE AUBAINE, D’EN PROFITER dis donc. J’étais sidéré, et j’avoue l’être encore maintenant en l’écrivant.
Aujourd’hui, je n’ai aujourd’hui plus aucun contact ni avec ma ——— ni, évidemment, avec mon ———. Mes parents non plus.

La dernière fois qu’un homme m’a, lui, violée, j’avais 27 ans.
C’était un “copain” musicien. Un jeune saxophoniste très doué, très reconnu dans le milieu, mais dont tout le monde lui connaissait une relation aux femmes pas vraiment claire voire pas du tout saine. Ceci étant, quant à lui et moi, nous n’étions que dans la rigolade, la vanne, voire même le clash rude, pour en rire ensemble et surtout amuser la galerie des copains. Je ne l’avais jamais vu manquer de respect ou être lourd avec une fille devant moi. À ce que je savais, il était même en couple, dans une relation sérieuse. Et en aucun cas étions nous sur un quelconque terrain de séduction. “Je ne suis pas du tout son genre”, il avait été très clair là dessus à plusieurs reprises.

Je gardais temporairement un appart d’une de mes proches à Paris. A l’époque, j’habitais en banlieue, et avoir un pied-à-terre temporaire dans Paname me permettait alors d’aller jammer avec mes potes du jazz, les jams se finissant très tard. Rentrer depuis Paris en banlieue à 4 du mat, c’était pas trop possible le reste du temps. Avec cet appart à dispo, par contre, faire de la musique jusqu’au bout de la nuit avec les copains puis marcher rapido pour rentrer, c’était faisable.

Ce soir là, comme tout le monde au club, j’avais bu. Jazz et alcool vont dramatiquement ensemble, comme si on ne pouvait pas profiter de l’un sans passer obligatoirement par l’autre. A l’époque, je me conformais aux normes du milieu. J’avais envie de réussir, de vivre de ma carrière, de me faire un nom… j’encaissais les codes, us et coutumes en me disant naïvement que quand ma carrière décollerait, je pourrais enfin les lâcher. Donc je picolais du cocktail en club avec les copains. Ma carrière cependant n’a jamais décollé dans le jazz. Aujourd’hui, je sais que j’ai encaissé pour rien.

J’étais très ivre. Certainement plus ivre que je n’en avais l’air, ce qui m’arrive souvent. Pour autrui, je parais encore très cohérente même quand j’ai bien bu.
De cette soirée, j’ai surtout quatre souvenirs d’une clarté terrifiante, comme des éclairs fendant ma mémoire.

Je me souviens du club, d’y boire, d’y chanter, que tout le monde rigole, enchaîne les standards, fait des solos interminables, et des blagues auxquelles je ris sans presque jamais les trouver drôle. The usual.

Je me souviens de moi plus tard dans la soirée/nuit, marchant derrière lui, toujours ivre. Il a un pack de bière à la main. Il est ivre lui aussi. Il fait froid, et il râle que “c’est très loin, chez moi”. A ce stade, aux vues de son attitude, je n’ai plus vraiment envie qu’il vienne boire un coup ni passer du temps à l’appart. L’ivresse n’aidant pas, je ne lui signifie pas.

Le souvenir suivant, ce sont ses doigts serrant ma gorge, ma main essayant de les déloger sans avoir la force d’y parvenir. Je dis stop. Je dis non. J’arrive pas à parler, puisqu’il serre ma gorge. Très fort. Je me débats sur le lit, mais il serre, et je suis ivre. Il continue de serrer. Et de me toucher. Et de me pénétrer. J’ai l’impression que je vais mourir étranglée sous ses mains.
Puis, au bout d’un moment, qui me parait interminable, ça s’arrête.

Je suis terrorisée. Je me souviens de faire semblant de m’endormir très vite. De faire semblant de dormir, mais d’entendre tout, d’écouter tout au centuple. De comprendre qu’il se lève, se rhabille, va boire un verre d’eau, puis quitte l’appartement, sans jamais m’adresser la parole.

J’ai longtemps essayé de faire sens de ce qu’il s’était passé. J’ai minimisé au maximum de mes capacités, parce que la vérité était impossible à assumer. J’ai menti à mes copines pour créer une nouvelle version des faits qui elle ne me ferait pas honte. Qui me permettrait d’éviter de faire face au réel. Je n’ai pas tout de suite révélé que ce n’était pas consenti. J’avais tellement honte. J’avais honte parce que c’est ça, la culture du viol : tu refais tout dans ta tête, et tu te blâmes pour tout. J’aurais pas dû lui dire de venir boire des bières à l’appart. J’aurais pas dû boire des bières. J’aurais pas dû boire au club. J’aurais pas dû venir au club. J’aurais pas dû accepter de garder cet appart. J’aurais pas dû être une nana abordable et accessible.. J’aurais pas dû, j’aurais pas dû, j’aurais pas du…
Étrangement, la seule pensée légitime, “Il n’aurait jamais dû me violer”, n’est pas du tout celle qui vient tout de suite, non. Ce qui vient c’est “Qu’est ce que j’ai fait pour que ça m’arrive ?”. Parce que depuis toute petite, en tant que femme, c’est à ça qu’on t’entraine. Il n’y a pas d’alternative.

En octobre 2016, alors que j’étais en résidence, j’ai confié à mon équipe de l’époque, quatre hommes et une femme, que ce musicien m’avait violée et comment. Il était connu de toutes les personnes présentes. S’en est suivi un silence pesant. Tou·te·s étaient je pense profondément sonné·e·s de cette confession, mais personne n’a eu vraiment l’air surpris. Tout le monde était juste terriblement gêné, ne sachant vraiment que faire de cette révélation. Seul mon ingé son de l’époque a pris la parole en me disant que c’était super grave, et qu’il fallait porter plainte.
J’ai expliqué que c’était peine perdue, en lui rappelant que j’avais déjà dans ma vie essayé de porter plainte preuves à l’appui pour violences conjugales, et qu’on avait refusé de prendre ma plainte. Qu’en serait-il si c’était juste ma simple parole contre la sienne ? Je n’étais pas prête, et je ne le suis toujours pas, pour une telle perte de temps et d’énergie (et d’argent, parce qu’un·e avocat·e, c’est très cher). Ça aussi, c’est la culture du viol. Partir perdue d’avance dans toute bataille juridique pour que justice soit faite. Justice n’est JAMAIS faite.

Je n’ai pas vraiment pardonné aux personnes présentes autour de la table ce soir là de n’avoir pas pris meilleur soin de moi. Je les croyais mes ami·e·s. Mes ami·e·s proches. Je suis tombée de très haut. D’ailleurs, l’écrasante majorité d’entre elleux ne fait aujourd’hui plus du tout partie de ma périphérie ni privée ni professionnelle. J’ai globalement un mal fou à pardonner à celles et ceux qui prennent le parti de fermer les yeux devant une injustice quelle qu’elle soit plutôt que de défendre les victimes qui la subissent.
Alors certes, peut-être n’ont-ils simplement pas su comment réagir, quoi dire, comment répondre au choc. Tout ce que je sais, c’est qu’ils ont continué pour la plupart, de fréquenter mon violeur par la suite. Comme si de rien était. Sûrement même le fréquentent-ils encore aujourd’hui. Comme si de rien était. Comme s’ils m’avaient pas cru. Comme si finalement, ils s’en foutaient un peu. Comme si finalement, c’était pas si grave. Comme si c’était pas un crime…

Pour clore ce témoignage que je vous remercie d’avoir courageusement lu, je tiens à dire que si je décide de partager mon vécu aujourd’hui, c’est surtout parce je ne suis pas seule, et que la parole DOIT se libérer. Sans parole libre, les victimes ne pourront jamais guérir ni même avoir ne serait-ce que l’opportunité de transcender et surmonter leur traumatisme. A savoir que, rien qu’en France, 93 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol par an. Et que l’un des plus gros tabou qui persiste reste que 9 femmes sur 10 connaissent leur agresseur. 9 femmes sur 10 sont agressée ou violée par leur pères, frères, amis, conjoints, collègues…

Le constat est froid. Glaçant, même. Et moi, là, j’ai l’impression qu’on en sortira jamais, en tout cas, que je ne verrai pas ça de mon vivant. Parce que franchement, tout ce que je vois, là, à 35 piges, face au monde tel qu’il existe devant moi, c’est que :
– Je vis toujours dans un patriarcat, hégémonique, mondial, totalitaire et tout puissant.
– La culture du viol est partout autour de moi, toujours, gluée jusque dans les moindre recoins du quotidien des femmes et des hommes, jusque dans les méandres même de leur inconscient.
– La justice ne punit toujours pas les violeurs ni les agresseurs à la hauteur de leurs crimes.

Je n’ai donc simplement, aujourd’hui, aucune espèce d’assurance que, ni cette agression, ni ce viol, qui n’étaient malheureusement pas les premiers,  soient non plus les derniers que j’aurai à survivre.

Je dois, en vérité, oui, me faire à cette idée terrible :
A 35 ans, je n’ai probablement pas encore subi mon dernier viol.

(2 commentaires)

  1. Comme je voudrais effacer tout ça.
    Comme je voudrais te dire que cela n’arrivera plus jamais.
    Comme je voudrais avoir, tout comme toi, cette voix si douce pour te le dire.
    Comme je voudrais être ce grand Noir de La Ligne verte et aspirer ton mal.

    Mais je vais te dire Mathilde, il faut prendre ça comme une grosse baffe dans la gueule.
    Ok, tu as pris ces deux baffes, ça fait mal, tu ne t’y attendais pas, tu as eu même honte de les avoir reçues… Mais c’est terminé ! Aujourd’hui il faut le dire : oui, j’ai pris deux grandes baffes dans mon cœur, dans mon corps. Il faut en tenir compte si on veut vraiment comprendre et aimer Mathilde. Et je jure bien que cela n’arrivera plus jamais, parce que je suis forte de l’avoir déjà vécu.

    Je t’embrasse Mathilde.
    Souviens-toi, ta voix me faisait tellement de bien quand je revenais du HP où était soigné mon fils. C’est toujours vrai aujourd’hui, et pour gagner un petit sourire de toi, laisse-moi te dire qu’il va beaucoup mieux.

    merci d’être toi.

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