Activisme · Militantisme

Ne rien devoir que ce que l’on choisit.

En tant que personne rejetant toute norme de genre (mais souvent supposée comme « cis » par autrui), en tant que personne ayant un sexe de femme (pour lequel je n’éprouve cependant aucune dysphorie malgré mon rejet des normes de genre), en tant que personne pansexuelle (mais d’emblée supposée comme hetero car actuellement en couple avec un homme, dit « cis » malgré son égale insoumission aux normes de genre), en tant que personne neuroatypique (avec son joli collier de pathologies associées et handicaps invisibles), mais surtout en tant qu’individue libre, anarchiste (je ne m’épanouie qu’en l’absence de chef-fe-s et donc qu’en présence d’égalité), non-anomiste (l’horizontalité étant bien une structure), libertaire (et non pas libérale, puisque le libéralisme c’est la mort même du moindre espoir d’équité), individualiste (parce qu’on doit être d’abord soi le changement que l’on veut voir dans le monde), nominaliste (car je ne crois pas que les êtres soient intrinsèquement porteurs des concepts par lesquels nous les appréhendons), écologiste (parce qu’il n’y a pas de planète B), anti-capitaliste (parce que l’argent n’est pas plus une valeur que l’accumulation matérielle névrotique), anti patriarcale (mais pas misandre… tant qu’on ne me donne aucune raisons de l’être.), anti-cléricale (mais pro-spiritualité), anti-conformiste (parce que rien ne peut naître de grandiose de la médiocratie), radicale (car pour sortir de toute impasse il faut drastiquement faire demi tour), antifa (parce que le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit), progressiste (parce que l’univers entier avance, et qu’il serait grand temps que les humains s’y mettent aussi), existentialiste (parce que nous sommes nos choix, qui chaque jour peuvent être plus juste pour nous même et pour autrui), abolitionniste (parce que précariser systémiquement les femmes jusqu’à ce qu’elles n’aient plus que leur corps à offrir en pâture comme dernier recours de « survie », ce n’est absolument pas leur garantir un quelconque espace ni physique ni mental de libre consentement), féministe radicale (puisqu’humaniste intégrale) : je ne dois rien, à personne – si ce n’est à la mère qui m’a portée, mise au monde et élevée, aux parents et proches qui ont aidé à ma vie et survie jusqu’à ce que je puisse m’en charger moi même, à la personne que j’ai choisie pour partager ma vie, à qui j’ai fais des promesses et auprès de laquelle je me suis engagée, et à ma meilleure amie Cloé qui, time and again, s’est révélée être ma famille d’adoption, pour le meilleur, mais surtout sans jamais me lâcher dans le pire.

Au delà de ce sérail choisi, je ne dois aucune reconnaissance de classe à quiconque, quel que soit son sexe, quel que soit son genre. Je ne dois aucun accès à ma personne, physiquement comme mentalement, de quelque sorte que ce soit et à personne, quel que soit son sexe, quel que soit son genre. Je ne dois aucune confiance sur parole quand des mots ou des corps, quels que soit leur sexe, quel que soit leur genre, pourtant me menacent et/ou organisent puis me plongent dans un climat d’insécurité pour simplement me dominer, me manipuler et/ou me réduire au silence. Je ne dois aucune révérence à aucune autorité que je ne reconnaîtrais pas comme légitime, quel que soit son sexe, quel que soit son genre, et encore moins quand je vois cette autorité abuser de son pouvoir. Je ne dois aucune soumission aveugle à aucune injonction quelle qu’elle soit, de la bouche de quiconque, quel que soit son sexe, quel que soit son genre. Je ne dois aucune estime à quiconque ne me l’inspirerait pas, quel que soit son sexe, quel que soit son genre. Je ne dois aucun désir ni aucune interaction sexuelle à quiconque, de quelque sexualité ou genre que il, elle ou iels soit. Je ne dois de crédit à quiconque qui ne poserait pas un cadre d’échange digne et équitable entre nos personnes, indifféremment de nos sexes et de nos genres respectifs. Je ne dois de foi en aucune idéologie ni en aucun dogme qui ne m’aurait pas profondément convaincu de sa pleine bienveillance, empathie et compassion. Je ne dois aucune ouverture aux valeurs dans lesquelles je ne me retrouve en rien, ou en trop peu pour en faire cas à titre personnel. Je ne dois aucune intimité, sous aucune conditions que ce soit, à qui que ce soit, quel que soit son sexe, quel que soit son genre. Je ne dois aucune explication d’aucune sorte pour les choix que je fais pour moi même. Je ne dois aucune soumission à personne, quel que soit son sexe, quel que soit son genre, et encore moins sous la menace, qu’il s’agisse de porter atteinte à mon corps, à mon esprit, a mon bien être quotidien, à ma réputation, ou encore à ma carrière. Je ne dois de bienveillance qu’à celles, ceux et celleux que j’ai choisi, et non pas à celles, ceux et celleux qui m’y enjoignent. Je ne dois de pardonner qu’à celles, ceux et celleux que j’ai choisi, et non pas à celles, ceux et celleux qui m’y enjoignent. Je ne dois de respect que s’il est mutuel, honnête et véritable, indépendamment des sexes et des genres. Je ne dois aucunes excuses ni justification pour mon corps gros, mes poils longs, mon orientation sexuelle, ma vie privée, mon rejet intime des hiérarchisations de classe, ni même mes convictions politiques et humaines qui ne concernent que moi et la manière dont je décide de mener ma vie à titre personnel.

Je ne dois rien.

Mes actes, mes pensées, mes valeurs, ne sont en aucun cas des dus. Ce sont des choix.

Sauf que, si mes semblables sont mes frères, mes sœurs et mes adelphes, je n’oublie alors pas que dans ma pourtant courte vie, ils, elles et iels m’ont prouvé maintes fois, trop de fois, qu’ils, elles et iels, de par leurs propres choix, sont capables certes du meilleur, mais comme aussi du pire, et que ni notre condition ni nos émotions humaines pourtant universelles ne garantissent l’accueil, l’écoute ou la sécurité dont j’ai pourtant besoin de la part d’autrui pour vivre et survivre à titre personnel, et dont, je crois, nous avons tous et toutes besoin. Et si mes semblables sont mes frères, mes sœurs et mes adelphes, je n’oublie cependant pas que nombreux et nombreuses continueront à justifier leur violence en instrumentalisant leur douleur en en faisant une arme de destruction contre autrui, au lieu d’un outil de construction pour elles, eux, elleux même.

À celles, ceux et celleux qui font le choix de la violence pour autrui mais qui la condamnent des proies de leurs raids quand elles, ils, iels se défendent, je ne dois donc rien, sauf peut-être de la pitié et de la compassion. Peut être choisiront-il, elle, iels un jour un chemin compatible avec le mien, et nous nous rencontrerons alors peut être. Ce n’est juste pas de mon ressort, et je ne peux que leur souhaiter simplement du courage.

Quant à moi, je n’ai de Dieu que l’univers qui a permis ma vie.

Et je n’ai de maître que le temps qui passe.

Ainsi, je dois rien à personne d’autre qu’à moi-même et qu’aux âmes que j’ai soigneusement choisi pour partager mon temps sur cette terre, pour que, le jour de ma mort, plutôt que de regretter une vie que je me serai laissée imposer, je me réjouisse de celle que j’aurais vécu, telle que je l’ai voulue.

Libre.

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