#JeVousPrésente : Vladimir Médail, guitariste.

Bon, c’est pas tout ça les poussins, mais il est grand, GRAND temps que je vous parle de toutes les petites perles rares qui parent avec luxe et délicatesse ma carrière frémissante. Je racontais sur Facebook l’autre jour que mon premier concert parisien, que je vois comme le début de ma carrière, c’était il y a 7 ans, et que depuis, j’ai travaillé, chanté, et petit à petit rencontré tous les acteurs de ma vie d’aujourd’hui. Comme un joaillier, comme un orfèvre, je les ai cherchés, et une fois trouvés, je les ai montés en collier, comme des pierres précieuses que je porte fièrement sur mon coeur, tous les jours. Je le sais, j’ai la chance d’être particulièrement bien entourée, de gens géniaux super chouettes, que j’adore, et sans qui je serai arrivée à rien, et que j’ai décidé de vous présenter dans une petite série de billets de blog.
Et franchement, JAMAIS DE LA VIE je ne pourrais commencer cette série par quelqu’un d’autre que Vladimir Médail !!

10448536_445294105613006_8351772654180636357_o
A New York. Soirée entre amis de Broadway et de Paris.

Vladimir, ou Vladou pour les intimes, encore plus qu’un musicien avec lequel je travaille, encore même plus qu’un meilleur ami, c’est carrément mon petit frère. Mon précieux petit frangin que j’ai envie à la fois de protéger de la vie méchante, et en même temps de jeter dans le grand bain de la vie géniale.
J’en suis fière comme si je l’avais fabriqué, je l’aime comme si j’avais toute ma vie grandi avec lui, et honnêtement, chaque jour continue de nous prouver qu’on a certainement été séparé à la naissance.

J’ai rencontré Vlad à la jam du lundi de la Cave du 38 Riv’, précisément le 10 septembre 2012. En l’écrivant, j’ai l’impression que c’était hier. Et pourtant…
Ce soir là, c’était la première jam de ma vie où j’étais venue vraiment POUR chanter, et où je venais aussi pour rencontrer de nouveaux musiciens. J’avais enfin décidé d’un plan pour ma vie après quelques expériences de groupe, et il était temps de passer à la vitesse supérieure, de rencontrer du monde, d’aller prendre la température de la scène parisienne, et de monter de nouveaux projets. C’est un copain de copains, Remi Meurice, saxophoniste de son état, qui m’avait embarquée. Et je ne l’en remercierai jamais assez.
Ce soir là, ça jouait bien cool, ça buvait gentiment, et ça a surtout beaucoup rigolé. Vlad et moi nous sommes échangés nos numéros, et nous sommes revus pour jouer quelques standards ensemble, et voir ce que ça donnerait. Très vite, j’ai su qu’on avait énormément de choses en commun, dans nos influences bien sûr, mais surtout dans nos aspirations. Outre le fait qu’on se marrait vachement tous les deux (mes cahiers sont truffés de citations de répète), Vlad avait tout ce que j’aime et estime chez un musicien : talent, virtuosité, sentiment, humilité, incarnation, sens, honnêteté, travail, implication…
Le genre de mec qui te dit « C’était vraiment, vraiment bien. On recommence. »
Tout ce que j’aime.

A cette époque là, on ressemblait à ça. (Décembre 2012. Première scène).

Très vite, on n’a voulu jouer qu’en duo et développer ce format, et on s’est trouvé d’abord le répertoire de Cole Porter pour s’épanouir, se chercher, se trouver. On a beaucoup tourné avec ce projet, qu’on a aussi eu envie de décliner plus tard en Medium Ensemble et en pièce de théâtre musical et chorégraphique avec Love For Sale. Puis très vite, comme une évidence, Vlad a été de tous les projets, de Disney & Le Jazz aux West Siders, du jazz à la chanson française en passant par la folk, des concerts ponctuels aux projets à long terme, et de la scène jusqu’au studio.

Mais avant d’arriver en studio, si vous saviez… on en a vécu des moments de galère avec le Vladou ! Les concerts mal payés, les lieux qui vivent de ton public mais qui se permettent quand même mal te recevoir, les répètes à l’arrache à cause d’emmerdements cosmiques impondérables, les zikos tout autant à l’arrache que les répètes qui n’ont même pas jeté un oeil sur les part’s que tu as envoyé 3 semaines auparavant…
Et c’est surtout ça, je pense, qui nous a rapproché humainement aussi, tout comme nous l’étions musicalement. Dans l’adversité, on sait tout de suite sur qui on peut compter, et qui est là pour nous aider, que cela consiste en décider de manger un poulet rôti et de discuter de la vie plutôt que de répéter, en bookant des gigs en ayant un oeil sur photoshop à faire une affiche pendant que l’autre édite des partitions d’un projet et finit d’arranger des parties de cordes pour un autre, ou simplement en se serrant les coudes, ensemble, face aux difficultés quand elles arrivent.
Dans tous les moments de galère musicale, pour m’en sortir ou même juste pour la partager avec moi, depuis le jour où je l’ai rencontré, il y a eu Vlad (Et dans la plupart des galères personnelles aussi, en vérité). Dans les doutes, dans les tristesses, il me guide comme personne d’autre que lui ne sait le faire, et je sais que je peux m’ouvrir totalement à lui, rien de ce que je dirai ne sera retenu contre moi. Et quand il me dit quelque chose de dur ou que je risque de ne pas aimer, il me le dit quand même, et je sais que c’est toujours inconditionnellement bienveillant, et honnête.

J’ai lu un jour un petit poème en prose qui disait : « Je ne t’aime pas seulement pour ce que tu es, mais aussi pour ce que je suis quand je suis avec toi ». C’est ce que mon coeur dit dès que je regarde Vlad.
Indéniablement, il y a dans la vie des évènements et des gens qui vous changent pour l’éternité. Qui vous ouvrent les yeux, qui vous challengent, et dans le meilleur des cas, vous tirent vers le haut. Ma rencontre avec Vlad a changé ma vie de musicienne comme nulle autre avant ça. Son estime, sa confiance, mais aussi son exigence, et sa conviction que lui et moi, chacun et ensemble, pouvions toujours mieux faire, même en faisant déjà bien, m’ont poussé à me dépasser comme je n’avais pas encore osé le faire dans ma vie, comme personne ne m’avait invité à le faire non plus d’ailleurs, et à imaginer que des choses se concrétisent pour moi-même alors qu’elles n’étaient que de grands idéaux inatteignables.

Je dis souvent que, tout comme il faut s’appliquer à toujours faire de la musique avec meilleur musicien que soi-même, il faut aussi être bien accompagnée pour bien chanter. Et c’est si vrai ! Mais Vlad, par son talent, et avec son amitié, m’a ouvert les yeux sur tant de choses, dont une essentielle : ce n’est pas en s’accompagnant entre nous mais bel et bien en accompagnant la musique elle-même qu’on apprend et comprend comment la servir.
Avec la plus grande des douceurs, c’est Vlad qui m’a libéré de tous mes carcans, et c’est lui aussi qui m’a aidé à exploser mes propres plafonds de verre pour qu’ensemble on explose ceux des autres. Il m’a poussé à être libre, et m’a fait confiance dans mes choix, même quand de prime abord ils pouvaient paraître absurdes, fous, ou dangereux. Des fois même, il les a encouragés et a participé à leur folie, bravant avec moi les dangers.

IMG_0110R2

Aujourd’hui, Vlad est toujours à mes côtés et m’accompagne dans mes nouvelles et folles aventures, et je mesure ma chance de l’avoir pour ami et musicien. Maintenant que de belles choses arrivent, je n’ai pas de mot exact pour décrire le bonheur de partager avec lui ces lauriers, qu’en immense partie je lui dois. Je ne serais ni la même personne, ni la même musicienne, et n’aurais certainement pas les armes qui me permettent aujourd’hui d’avoir confiance en mes convictions, si je n’avais pas rencontré Vlad, et s’il n’avait pas, peut-être des fois même malgré lui, fait de moi une meilleur personne, musicienne et artiste. Et l’album que vous avez écouté, c’est bel et bien aussi le sien, et pas seulement parce qu’il y joue, mais parce que dans tout mon être, et donc dans ma voix et mon âme, il y a des vrais morceaux de Vlad, et de tout l’amour et l’estime qu’on se porte.

Vlad est mon passé, mon présent, mais aussi je l’espère, s’il le veut bien, mon futur. Car pas un de mes rêves ne l’oublie, et quand je m’autorise à imaginer ce que sera peut-être ma vie dans 10, 15, 20 ou 30 ans, quoi que j’envisage, quelles que soient les images voguant dans mes pensées, il est toujours là. Tout sourire, tout beau, éternellement sensible et talentueux, toujours aussi exigeant avec la musique, et avec moi, et toujours bienveillant.

Et mon ami.
Le meilleur qu’on puisse avoir.

Mathilde

Publicités