Un clip peut en cacher un autre.

Coucou les poussins ! Un long billet de blog dominical, une fois n’est pas coutume, pour vous raconter mes aventures filmographiques de ces derniers mois. Parce qu’il s’en est passé des choses ! On vous a montré des photos, annoncé un clip, puis plus de nouvelles, puis voici qu’un clip sort, et qu’il n’a rien à voir avec ce qui a été annoncé ! C’est donc l’heure de vous embarquer une nouvelle fois dans les coulisses, pour vous raconter une autre étape de comment ça se passe vraiment, la sortie d’un album…

Fin février, je me suis donc retrouvée en studio pour tourner le clip de Je Les Aime Tous. Dans une ambiance suave, entourée d’une équipe de pros tous plus talentueux les uns que les autres, je me suis beaucoup amusée, à chanter et jouer la comédie en petite tenue ( = lingerie fine enrobée de velour violet), rire avec Boris (un bel acteur tout en chocolat velouté, qui dans le script, faisait partie des « tous » de la chanson, évidemment),  et surtout, à en prendre plein le yeux et apprendre sur ce qu’est un tournage : la réalisation, la quête du plan parfait, le chef op qui travaille avec minutie… J’ai passé tous mes temps morts de la journée (pendant que d’autres n’en ont pas et installent, corrigent, déplacent) à scruter tous les détails d’un steadycam, admirer la caméra, apprendre en regardant, pour ensuite vivre la tension du « ça tourne », les invectives du réalisateur quand il cherche, attend, espère, puis trouve.

C’était vraiment une expérience unique, et incroyable, qui pour moi, s’arrêtait à la fin de la journée de tournage, mais qui continuait pour l’équipe de prod ! Montage, étalonnage, pas une mince affaire…

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Puis, avec mes équipes, mon management, mon label, on a enfin découvert le clip une fois la post-prod terminée. C’était beau, TELLEMENT beau, vous pouvez même pas savoir. Tendre mais sensuel, élégant et sexy, novateur car aucune artiste ronde (et restée ronde après signature !) n’avait jamais été présentée comme ça… d’ailleurs, j’avais écrit mon article Grosse en l’illustrant des photos plateau du clip.

Cependant, malgré toutes les qualités du clip, après d’innombrables brainstorms, discussions, e-mails, conversations, questionnements, comme il en est nécessaire lors d’un début de carrière où on pose les bases de son image, des questions persistaient toujours : est-ce la bonne image pour la chanson ? Est-ce l’image qu’on attend d’ailleurs d’une artiste de chanson française ? Est-ce que le style du clip correspond à la fois au single mais aussi à l’album dans sa globalité ?
On y a passé des jours entiers, des semaines même, une première image étant une carte de visite indélébile.

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En toute transparence, j’aurais pu assumer à 10.000% une première image sensuelle et sexuée, surtout qu’elle n’aurait pas été gratuite compte tenu de la chanson qu’elle illustrait. Ça aurait été peut-être un petit pavé dans la grosse marre de notre société ultra conformiste, et ça m’aurait peut-être valu nombre de commentaires désobligeants, peut-être même un mauvais buzz, mais ça ne m’aurait pas dérangé. Vous le savez désormais, ou l’avez en tout cas deviné, je suis une artiste engagée pour la liberté des femmes à faire ce qu’elles veulent de leur corps, et ça veut dire aussi pouvoir se trimballer dans un clip en sous-vêtement si ça leur chante, même si elles ne sont pas dans les normes de beauté actuelles.
Mais persistait tout de même la question de me présenter dans une certaine globalité, tout comme l’album entier me présente infiniment plus dans mon intégralité que le seul titre Je les aime tous ne le fait, chanson qui pour le coup est vraiment « très moi », mais pas non plus TOUT de moi. Aussi, mes équipes et moi même abandonnâmes cette première proposition d’image au profit d’une présentation visuelle de ma personnalité artistique plus globale, moins ciblée, et moins premier degré.

Attention, je ne dis pas cependant que j’ai abandonné mes idéaux, ni mes engagements. Militante depuis toujours, je sais qu’on ne change ni le monde ni les mentalités en un seul jour, et viendra très bientôt, je l’annonce ici comme une promesse à moi-même et à vous tous, le temps opportun de défendre mon image de femme, sensuelle et libre en dépit des diktats. Des idées germent déjà dans ma tête, j’ai des projets en cours, et je n’attendrai de toute façon pas longtemps pour prendre parole sur le sujet, dans la continuité logique de mes engagements quotidiens, de mon article Grosse, ou encore des diverses interviews où je prends déjà position.
Dans le cas du clip et de ma première image, par contre, et pour plein de raisons un peu longues à expliquer en détail mais bien concrètes et évoquées dans les grandes lignes un peu plus haut dans ce billet, il nous a fallut, au final, changer notre fusil d’épaule… en tout cas pour l’instant.

Mais vous imaginez bien que je n’allais pas rester sans clip ! En 2016, c’est impensable de promouvoir un album sans un clip. Aussi, on s’est dit que pour me présenter à vous sous d’autres auspices, il fallait que je m’adresse directement à vous, comme je le fais déjà avec ce blog.

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Manuelle et créative depuis toute petite, c’est ma maman qui m’a récemment rappelé que, plus jeune, ado, je tenais un journal que j’avais baptisé « Le livre de l’homme idéal », et qui d’un côté décrivait mon homme idéal (avec pleins d’images, de découpages, dessins, collages), et de l’autre côté, renfermait les photos et anecdotes de ceux qui n’avait pas été très idéal… Elle avait eu dans un demi-sommeil, une vision d’un clip avec ce journal, dont s’échappaient les silhouettes des hommes de ma vie. BINGO ! Cette petite idée germa quelques jours, et en arrivant chez mes parents à Argenton avec ma copine metteure en scène Ariane Raynaud pour quelques jours de vacances, on décida alors de pas du tout être en vacances, et de tourner un clip, personnel et original, fait main comme quand j’étais ado. Toutes seules. Comme ça.

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Heureusement, chez mes parents, il y a leur grand atelier d’artistes, avec tout ce qu’il nous fallait ou presque pour tourner le clip ! Et grâce aux précieux conseils de mon ami réalisateur Fabien Dapvril, on installa alors notre banc-titre ( = station de tournage ) home made…

STATIF - BANC TITRE

En l’espace de 4 jours, Ariane et moi avons du en fait apprendre à éclairer, tourner, cadrer… tout ça en collant follement des sequins un par un autour des bouilles de nos amis acteurs qui avaient répondus en masse à mon appel à photo.

sequins

Mais il faut que je vous parle un peu d’Ariane, quand même…
Parce que sans elle, un peu comme sans ma mère qui m’a trimballé pour faire la razzia de paillettes et sequins chez Cultura, rien ne se serait fait. Ariane, c’est la metteure en scène de Love For Sale, la pièce de théâtre musical que j’ai voulu monter avec elle, prolongation théâtrale de mon projet jazz The Cole Porter Project en duo avec Vladimir Médail.

Ariane At Work

Quand j’ai évoqué l’idée de ce clip, Ariane a tout de suite voulu mettre la main à la pâte et m’aider à le réaliser. Elle me soutien au quotidien dans mes engagements que je qualifierai quasiment de féministes libertaires, et je crois qu’elle regrette beaucoup, et quelque part forcément moi aussi, que la première proposition de clip ne soit pas sortie, justement parce que c’était une prise de position franche quant à la liberté de montrer le corps de la femme dans toutes ses formes et ses variétés de splendeurs. Du coups, elle a tout de suite répondu présente quand il fut décidé que je me retrousse les manches et que je réalise moi-même un second clip pour ma chanson. Elle a découpé des têtes dans du bristol, imprimé des chats, pris des photos de ma trombine, appris à se servir d’un 5D grâce à des tutos youtube, lancé des appels à l’aide en pleine nuit pour savoir où était le bouton marche/arrêt sur le dit 5D, réprimé mes envies de coller des sequins là où clairement il y en avait déjà trop… J’avais une vision, et elle a aidé dans toutes les étapes de sa réalisation.
Pour lui dire merci et lui rendre hommage, j’ai donc choisi de montrer nos tête déconfites de si peu de sommeil à la fin du clip, pour que vous voyiez tous qu’elle et moi étions dans le même bâteau, et qu’elle fait partie intégrante du succès du clip…

Je remercie donc encore une fois, Ariane Raynaud, mais aussi Marie-Anne Bonneterre et Fabien Dapvril sans qui je n’aurais jamais pu ni su comment tourner mes folles idées, merci à Sally Khezzar, Lina Khezzar & Yoni Nahum pour les différents sauvetages techniques qui véritablement nous sauvèrent la vie. Et un merci particulier et infini aux amis acteurs de ce clip qui ont gentiment accepté d’avoir, pour une fois, des défaut / particularités agaçantes : Jerome Bortaud, Clément Bourdeleau, Quentin Bruno, Benoit Cauden, Jeremy Charvet Anthony Fabien, Dominique Guillo, Yvon Lesieur, Daniele Carta Mantiglia, Yoni Nahum, Joel Thomas Wood, Nathanaël Bez, Julien Husser, Philippe d’Avilla & Christopher Lopez. Merci également à Vincent Gilliéron, Mike Zubi, Eoghan Fehr, Thomas Bulle, Arthaud Caldairou-bellon, Xavier Ecary, François Baillon, David XKahn, Antonio Macipe, Hervé Rey, et tous les autres beaux gosses qui ont du être coupés au montage pour cause de timing, cadrage douteux, qualité photo approximative, ou encore animation bancale…

Et nous y voilà, après des heures de montage sur iMovie, des jours de pré-prod et une matinée de tournage, le clip est là, tout chaud tout frais, plein d’histoires vraies et d’histoires inventées, avec des vrais morceaux de moi dedans. J’espère qu’il vous plaira et qu’il vous aidera à mieux me découvrir…

Bon visionnage !
❤ à tous,

Mathilde

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