« Quand je serai grande, je ferai un album. » (Et Grande… c’est maintenant !!)

AAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH !! JE PEUX ENFIN VOUS EN PARLER !! BONHEUR ABSOLU !!! 😀 Vous l’avez peut-être vu si vous me suivez sur Facebook, Twitter, Tumblr ou encore Instagram , mais il y a deux semaines ou presque, je montais (in extremis ! Honte : aptitude de calcul du temps = ZERO) avec mes deux amis, le guitariste Vladimir Medail et le batteur Philippe Maniez, dans un TGV à destination de Nîmes pour retrouver mon manager Christophe Deghelt, le pianiste Jacky Terrasson, le trompettiste Stephane Belmondo, le contrebassiste Thomas Bramerie, le chanteur et guitariste Màrcio Faraco et toute l’équipe du Studio Recall pour… ENREGISTRER MON PREMIER ALBUM !!!!!!!
Alors asseyez-vous, installez-vous bien, prenez un café, un chocolat, et du temps, parce que je vais TOUT vous raconter …

Je ne vais pas vous le cacher, tout a commencé parce que The Voice. Moi qui n’imaginais déjà même pas passer à travers les mailles du filet des auditions à l’aveugle, c’est quand j’ai été volée par Jenifer aux Battles et que j’allais donc accéder aux Epreuves Ultimes que je me suis dit qu’il était grand temps que j’ai à mes côtés une personne essentielle à ma vie d’artiste mais que je n’avais pas encore rencontré jusque là, quelqu’un qui pourrait me conseiller, m’orienter, me pousser, me protéger, me surprendre… un vrai manager, quoi ! Sauf qu’ils sont rares, les managers ! TRES rares ! Et le bon, d’autant plus. Honnêtement, c’est un peu pareil que chercher l’âme soeur, comme entreprise.
J’étais donc devant mon ordi, à faire la liste (je fais beaucoup de listes) de ceux qui pourraient être intéressés, mais je savais qu’ils étaient forcément déjà inondés de demandes de représentation. Cependant je me suis résolue, nécessité faisant loi, à quand même prendre mon courage à deux mains et à leur téléphoner, jusqu’au dernier, quitte à aviser ensuite. Evidemment, sans surprise, je suis tombée sur beaucoup de secrétaires et assistantes, qui m’ont plus ou moins gentiment redirigée vers une adresse où envoyer ma démo. Noyés dans un flot d’email certain, mes messages n’ont jamais eu de réponse. Mais je m’en fiche pas mal maintenant, parce que, plus loin dans la liste, il y avait un homme formidable que je ne connaissais pas encore et grâce à qui, je n’ai pas peur de le dire, ça me rend même plutôt euphorique, ma vie a changé.

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Christophe a une voix veloutée de baryton, et au téléphone, la première fois, c’est impressionnant et envoutant. J’avais un gros trac, parce que lui n’avait jamais entendu parler de moi, mais moi, je savais trèèèès bien qui il était. On a passé presque deux heures à discuter, à échanger avec sérieux, mais aussi à rire. Je cherchais vraiment le partenaire de ma carrière ( = ma vie, quand même !), et donc j’ai baissé toutes mes gardes et je lui ai parlé sans filtre, sans retenue. Je voulais qu’il puisse vraiment savoir qui j’étais, et si ça allait coller pour lui ou pas. J’ai aimé son ouverture d’esprit, ses questions, son humour, et qu’il me laisse entre deux eaux, sans du tout me renvoyer balader mais sans m’offrir la lune non plus. Il n’y avait pas de précipitation, et j’ai adoré ça. L’idée, c’était de voir comment ça allait se passer dans The Voice, et d’éventuellement en discuter ensuite.
Et puis, le temps de la première diffusion est venu, six semaines plus tard, avec ce boom incroyable dans vos coeurs qui ont embrassé le mien. Je n’en revenais pas, et je n’en suis toujours pas revenue, en vrai. Voyez, je n’avais jamais chanté de chanson française en public, à part la belle Supplique de Brassens dans mes petits bars. D’ailleurs, j’avais envoyé à Christophe des vidéos et des enregistrements qui, somme toute, n’avaient RIEN à voir avec ce que j’allais faire dans l’émission. Mais si j’allais me lancer dans l’aventure The Voice, je voulais que ça soit un challenge, et chanter du Barbara, si ça c’est pas un challenge… et puis toute cette aventure, ce Dis Quand Reviendras Tu, ça nous a inspiré, surtout Christophe.
De coups de fil en email, j’ai su. J’ai su que c’était lui. Et j’avais envie que pour lui, ce soit moi. J’en parle comme d’une histoire de coeur, mais la musique et le coeur c’est pour moi si indissociable ! Et le coeur, comme la musique, il peut battre de tant de façons.

L’emission s’est ensuite terminée pour moi, et Christophe et moi nous sommes rencontrés en chair et en os, au Café de la Musique à la Villette. J’avais hâte, j’avais peur, j’avais le trac, j’avais hâte. C’est ce jour là que pour moi tout a changé. Un déclic qui m’a fait voir la vie à travers ses yeux, et qui me montrait tout ce qui était possible, tout ce qui pouvait arriver, tout ce qui pouvait être différent. Et pour la première fois de ma vie, j’étais prête à faire confiance à quelqu’un d’autre concernant ma carrière, ma carrière qui n’est autre que 100% voire plus de moi-même puisque la musique est tout, tout pour moi. Mais dieu sait que de galère en galère, j’avais appris à ne plus faire confiance qu’à moi-même, et pourtant… Christophe, l’exceptionnel Christophe Deghelt, est arrivé dans ma vie, et tout ou presque s’est décidé ce jour là ; ce jour où j’ai aussi, grâce à Christophe, rencontré pour la première fois Isabelle Marnier, sans qui l’album à venir n’aurait jamais vu le jour.
Restez avec moi, je vous en parle un peu plus loin…

C’est lors de cette première rencontre en vrai avec Christophe (et par sa bouche, Jacky Terrasson) qu’il m’a également invité à partager la scène de l’Olympia le 9 juin à l’occasion du concert de sortie de son dernier album Take This (Je vous en avais même parlé dans un précédent billet.) Quelle soirée… je ferme les yeux, et je ressens encore toute cette beauté et cette fusion entre cette équipe de fous furieux incroyables, sur cette scène mythique qui a porté tant de talents. La magie Terrasson ❤

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De cette grande magie est né un autre moment étincelle, deux jours plus tard, avec Stéphane Belmondo et Thomas Bramerie, qui m’ont, au débotté, invité à chanter une chanson lors d’un de leurs showcases Fnac pour le merveilleux album de Stéphane, Love For Chet, album que j’ai écouté en boucle depuis qu’il m’est tombé dans les mains. Chanson d’Hélène = Larmes, à chaque fois. Que voulez-vous ? Stéphane m’émeut, Stéphane me touche… Stéphane me bouleverse.
C’était un beau moment, mais ce que je ne savais pas, c’est qu’il était le premier d’une longue série. Surtout qu’Isabelle était aussi avec nous, et j’ose croire qu’il n’y a pas de hasard.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’Isabelle travaille chez Naïve. Naïve ! Le label de mon coeur dont le logo figure sur LE disque qui aura marqué mon adolescence, Origin Of Symmetry ! Naïve qui a signé Jeanne Added, dont je boulotte le single A War Is Coming au delà de ce que la raison autorise ! Naïve, qui abrite Isabelle, la douce, la sensible Isabelle, qui, avec Christophe, s’est battue pour que le disque qu’on vous a préparé voit le jour. Parce que oui, l’industrie du disque, ce n’est plus les fifties ; aujourd’hui, il faut y aller bec et ongles, tous ensemble, sur tous les plans, et je mesure ma chance d’avoir eu ces deux précieux, qui croient en moi comme peu de gens, et qui ont défendu avec ferveur ce projet d’album comme s’ils allaient le chanter eux-même.
Et ainsi, après moult heures de travail et de brainstorm de leur part, le vendredi 24 juillet, Christophe m’appelle et me dit ces mots magiques : « Je viens d’avoir Isabelle. C’est OK. Tout est bon. On y va. ». Christophe a raccroché, et j’ai ri et pleuré en même temps, pendant 30 bonnes minutes, compulsivement, seule dans mon salon. Des semaines de travail, de tension, d’attente, de bidouille de budget (le nerf de la guerre partout, lui), de planning, et puis boum. Le bonheur.
Je ne réalisais pas encore mais se répétait en boucle dans ma tête un nouveau futur. J’allais enregistrer un album de compos et de reprises, tout en français, mais avec une belle équipe de jazzmen des plus pointus, Jacky Terrasson, Stephane Belmondo, Thomas Bramerie, mes loustics Vladimir et Philippe, et Màrcio Faraco en special guest, et le tout à paraître chez Naïve.
Je sanglotte devant l’écran en riant, rien qu’en y repensant.

Mais on enregistrait à peine un mois plus tard, rendez-vous compte ! Et de « attente incertaine » on est passé directement à « à la bourre ». Il fallait donc rapidement finaliser plein de choses : qui arrive quand, combien de jours pour enregistrer, pour mixer, pour masteriser, la liste des morceaux à enregistrer… et puis, ce qui n’incombait qu’à moi, ECRIRE ET COMPOSER. J’avais quelques compos en stock et quelques textes, mais j’étais loin d’avoir des chansons vraiment prêtes. Fort heureusement, quelques mois auparavant, j’avais rencontré, et eu un coup de foudre musical, pour Alexis Pivot. D’ailleurs, laissez moi vous parler d’Alexis Pivot…

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Je l’ai rencontré grâce à notre ami commun, batteur, chanteur et jeune homme exceptionnel, Clément Brajtman, à l’Harmonie Café, un lieu qui n’est plus mais qui nous a accueilli pendant presque deux ans tous les mois, nous, nos bêtises, notre musique, nos copains venus jammer. Clément m’avait tellement parlé d’Alexis, l’avait tellement encensé, que je ne lui ai quasiment pas parlé (Oui, ça arrive !) lors de notre première rencontre tant j’étais impressionnée. Et puis à l’occasion d’un autre concert, éblouie par sa musicalité, son humour, et son entente immédiate avec les loulous du groupe, je lui ai proposé d’animer quelques jams avec moi au Café Universel.
Pour la petite histoire, mon mètre étalon musical, c’est Vlad (qui est quand même, dans ma tête, mon petit frère, musical et amical), et de ça est né l’expression « Mon Vlad du [insérer le nom de l’instrument ici] ». Et bien voyez, Alexis, c’est mon Vlad du piano, tout comme Etienne Renard est mon Vlad de la contrebasse, Clément mon Vlad du chant (et du scaaaaaat), Alexandre Perrot mon Vlad de la musica brasileira, ou encore Philippe mon Vlad de la batterie.
Et encore mieux que ça, Alexis, c’est mon Vlad de la composition et de l’écriture.
Ensemble, nous avons co-écrit et composé les cinq chansons originales que vous trouverez sur l’album (dont deux terminées la veille du départ pour le studio – on est des fous. Et des perfectionnistes un peu quand même aussi). Pour certaines, j’avais déjà la mélodie et les paroles, sur d’autres, le texte seulement, et Alexis est venu poser son talent sous mes mots, sur mes notes, et a deux reprises, Alexis m’a même fait cadeau de chansons presque entières où je suis humblement venue ajouter quelques petites touches quand Alexis m’y invitait.
Vous comprendrez tout de l’estime et de l’affection que j’ai pour lui et notre travail ensemble quand vous écouterez nos compos. C’est partout dans ma voix ! Et l’album n’aurait jamais été aussi réussi s’il n’y avait pas mis son précieux grain de sel. Et sur la tournée où Alexis partagera la scène avec nous à de nombreuses occasions, vous verrez sans doute aucun dans mes yeux, l’immense gratitude que je ressens à chaque fois qu’il partage son talent avec moi…

Le 23 août, chansons terminée, reprises choisies, équipe au taquet dont la moitié déjà sur place, nous voilà donc dans le train avec Vlad et Phil. Tout en bossant, je les regardais tous les deux de temps à autre du coin de l’oeil. Je suis tellement contente qu’ils aient été de la partie ! On a partagé tellement de galères ensemble ces dernières années, des plans boiteux, des gigs musicalement enflammés bien que peu cher payés, des répètes pas simples qui nous coutaient des bras, des heures d’arrangement… c’était impossible pour moi de les laisser à la porte de cette nouvelle vie qui m’attendait, alors que je leur devais tant.

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Et d’ailleurs, en parlant de galère… déraillement du train devant nous à cause d’une coulée de boue ! Nous voilà bloqués à Lyon, et on nous annonce qu’en lieu et place de Nîmes pour terminus, nous nous arrêterons à Valence. Point. Heureusement, SuperChristophe, manager de mon coeur, est venu depuis Nîmes nous sauver en voiture, et pour nous consoler, on est tous allés manger des délices au 7, le bistro-chic d’Anne Sophie Pic. Au final, au lieu d’arriver au studio (= un mas énorme et magnifique où nous créchions tous) à 18h, on a débarqué à 1h du mat. Cela dit, personne n’était couché (the jazz life, vous savez…) et la fine équipe était bien sûr en train de boire des coups (le sud, le rosé, les glaçons, un enregistrement à fêter, la joie d’être là, tout ça).
Il y a eu ce soir là des instants de joyeuse complicité et de douces bêtises, qui incidemment ont nourri ma voix et mon coeur des émotions vitales à toutes les belles chansons que je devais chanter les jours suivants. La vie est parfois surprenante, parce que pourtant, j’avais un trac monstre en arrivant ! Mais il s’est envolé autour de cette énorme et belle table en bois qui trône dans le living, au bout de quelques verres, de quelques paroles, et de quelques éclats de rire.
J’y repense en écrivant, et derrière l’écran, je souris avec tendresse et espièglerie.

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Pourtant, c’était pas gagné. Le lendemain matin commençaient 4 jours d’enregistrement avec la fine fleur du jazz ! Jacky, Stéphane, Thomas, ils n’en étaient pas à leur premier album, eux ! Et qui plus est, ils se connaissent très bien. Mon admiration pour ces trois-là ajoutée au stress de bien faire, j’ai eu la voix étouffé et la gorge serrée toute la première matinée, et ça s’est entendu dans les prises (on a d’ailleurs ré-enregistré le morceau de ce matin là le dernier jour – perfectionnisme bonjour !).
Le studio de Philippe Gaillot est impressionnant aussi. C’est un vrai studio, environs 4 fois plus grand que n’importe quel studio où j’ai déjà enregistré, et visuellement, il en jette un max. Le genre de studio où on se sent bien, mais où on se dit aussi « This is it. Plus le droit à l’erreur ». Ce qui en soi est étrange, puisque l’avantage du studio, c’est normalement de pouvoir refaire quand on se trompe ! Mais on a préparé cet album autrement. On a tous voulu faire un album senti, sensible, émouvant, et pour ça, il fallait privilégier la fraîcheur des prises (ne jamais refaire plus de 3/4 fois une chanson – plusieurs chansons de l’album sont même des premières prises !) et l’enregistrement live (on enregistre la voix en même temps que les instruments). Et c’est là tout l’avantage de jouer avec des jazzmen : l’écoute ! C’était incroyable : je faisais un petit accent là, et l’un d’entre eux venait l’habiller, le soutenir. Je décidais de faire un crescendo ? Tout le monde venait m’accompagner. J’étais émue, les larmes coulaient pendant un refrain, et ils venaient alors m’envelopper, me consoler, du bout de leurs instruments. La vraie magie du jazz, la vraie improvisation, c’est celle-là. Celle qui parcourt non pas la grille des accords, mais la grille des émotions, et j’ai eu la chance infinie d’être 4 jours en studio avec une bande de musiciens autant à fleur de peau que moi, et avec qui au bout d’un moment je n’avais même plus besoin de parler pour qu’ils sachent ce que je ressentais.

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Nous avons vécu quatre jours de communion dans ce studio et beaucoup de larmes ont été versées. Les miennes, les premières, ont coulé dès le deuxième jour, en enregistrant une des compos, « Je te quitte », sur laquelle Stéphane fait un solo qui m’a pris à la gorge. A partir de là, je n’ai pas arrêté, même sur les morceaux qui groovent, ceux qui balancent. Même dans mes rires, il y avait des larmes émues, parce qu’une petite voix dans ma tête me disait « Mais est-ce que tu te rends compte de la chance que tu as, là ?! ».
Et d’ailleurs tout est allé crescendo. Après avoir enregistré presque toutes les compos le mardi, sont arrivés « o Màrcio » et Isabelle, à qui on a fait entendre les morceaux déjà enregistrés. Pour moi, c’est quand j’ai vu l’émotion vive sur le visage d’Isabelle que je me suis dit que ce que nous faisions nous dépassait peut-être un peu, que cette communion et nos émotions partagés dans le studio s’entendaient dans notre musique et dans ma voix.
Le mercredi, Màrcio et moi avons aussi enregistré ensemble quelques moments de soleil que j’ai vraiment hâte de vous faire entendre. Màrcio porte le Brésil dans son timbre et sa guitare, et ça me fait fondre !

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Ce soir là, l’équipe était au grand grand complet sur la terrasse autour d’un délicieux repas préparé par Christophe, notre manager certes mais alors aussi cuistot du jour (le reste du temps, c’est notre traiteur perso Cécile qui nous gâtait avec ses bons petits plats), et il avait cuisiné des magrets au feu de vrai bois. MEGAMIOM ! Et quelle soirée. On a sorti les instruments et bim, ce genre de moment où on se rend compte que le batteur joue aussi de la contrebasse, que le contrebassiste joue aussi de la guitare et qu’en fait d’ailleurs c’est son premier instrument, que le pianiste sait correctement souffler dans une trompette, et que tout le monde sait chanter. Màrcio a entonné des airs brésiliens et je l’ai suivi gaiement, puis Stéphane et lui en ont chanté d’autres pendant que Jacky, lui, faisait du reco-reco sur le tire bouchon avec une cuillère et que la tablée se passait tour à tour le sel de guérande pour l’utiliser comme shaker.
Enfin, la fraîcheur de la nuit arrivant à petits pas, on s’est tous retrouvés dans le living, autour du billard et de la sono, certains jouant, d’autres dansant, tous riant, et beaucoup buvant, en célébration de ce dernier soir tous ensemble, et de cet enregistrement magique qui devait malheureusement se terminer le lendemain soir.

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Le jeudi, Stéphane et Màrcio partirent en premier, après déjeuner. Je n’ai contenu aucunes larmes, parce que c’était juste pas possible, en fait. Et une fois n’est pas coutume, je n’ai rien pu avaler ce midi là. Ouaip. J’étais bouleversée à ce point là. Mais il fallait encore que je tienne bon, il nous restait des morceaux à enregistrer l’après midi avant qu’Isabelle et Thomas ne partent eux aussi et que nous nous retrouvions Jacky, Chris et moi seuls pour commencer le mix avec Philippe Gaillot et son super assistant Renaud (qui a fait tout l’enregistrement avec nous – une patience d’ANGE ce garçon). Vlad et Phil, eux, partaient le lendemain matin. Bouh.
Franchement, j’étais vraiment pas bien ce jour-là. C’est tellement dur quand une expérience si intense est aussi si courte, même si je sais que c’est justement parce que c’était si court que c’était si intense. J’ai fait tout mon possible pour canaliser tout dans la musique, et je crois que vous entendrez toute mon émotion surtout dans une chanson en particulier, que vous connaissez déjà et que vous retrouverez dans une version encore plus personnelle sur ce disque.

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Vendredi, tout le monde s’en était donc retourné vers ses pénates. Il ne restait plus que Christophe, Jacky, Philippe, Renaud et moi pour le mix des morceaux. Bon, en vérité, on a pas fait grand chose d’autre que de revoir quelques détails, parce que quand on a Philippe Gaillot derrière la table, on le laisse faire et on se tait. On admire.
Philippe est un homme de peu de mots, mais quoi de plus normal pour quelqu’un qui entend, écoute, et qui sait tirer d’un son, d’une note, d’une ambiance, toute son essence. Le premier morceau à avoir été mixé est, je crois, un des plus beaux morceaux de l’album. Ils sont tous beaux et je suis fière de chacun d’entre eux, hein, ne vous méprenez pas ! Mais celui là, il est encore plus beau que les autres beaux. Et je n’avais eu dans les oreilles que la mise à plat (c’est à dire le son tel qu’on l’a enregistré, sans que les instruments ou la voix ne soient mis à niveau les uns par rapport aux autres). J’ai pris une énorme claque quand Chris m’a dit « Tu viens écouter ? » et que waaaaaaaaaah, le son !! Du groupe, de ma voix, tout avait pris une autre dimension. Je me suis dit… « C’est moi, ça ? C’est vraiment moi ? ». Non pas que je ne me reconnaissais pas, mais c’était le son de l’album que nous avions fait, et c’était… incroyable. Ça m’arrive rarement, parce que je suis une perfectionniste quasi maladive, mais… j’étais fière. Heureuse, émue, reconnaissante, comme depuis le début de la session, et fière comme je le suis rarement. C’était tout ce dont j’avais rêvé pour ce disque. Et de mix en mix, de chanson en chanson, de rires en larmes, dans les bras de Christophe ou ceux de Jacky, j’ai vu naître mon premier bébé.

Et je ne peux donc pas finir ce billet sans vous parler de l’ingrédient essentiel de cet album, le directeur musical de cette aventure ; le « papa » du bébé en quelque sorte. Celui qui a mis la barre plus haut que haut sans pour autant mettre de pression à qui que ce soit, celui qui a explosé toutes mes certitudes et toutes mes peurs, celui qui a poussé les murs, explosé les barrières, celui qui m’a émue, dirigée, accompagnée, enlacée, libérée, menée, embrassée, avec tellement de talent et de délicatesse.
Jacky Terrasson.

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C’est quand même pas banal quand un artiste tel que Jacky Terrasson décide de vous faire confiance, et encore plus étonnant quand vous vous dites que, quand même vous sortez un peu de nulle part, et que finalement, vous êtes encore une débutante dans le milieu. Sans compter, cerise sur le gâteau, que la dernière personne qu’il ait invitée sur un album est ma nouvelle idole  de toute la vie (Hello Cécile !).
On s’est vu avant l’enregistrement avec Jacky, traquilous posés à La Robe et Le Palais, à boire du bon vin en grignotant une planche, et à discuter de la tracklist. C’est là qu’il m’a d’ailleurs suggéré (j’en reviens pas de ne pas y avoir pensé moi même avant, en vrai) la chanson la plus osée de l’album. Jacky avait aussi tout compris de qui j’étais, et de l’album que je voulais : un album avec des moments intenses, bien sûr, mais aussi avec des moments légers et plein d’humour. Un album comme une constellation d’émotions de toutes sortes, mélancoliques, heureuses, coquines, sérieuses, drôles, et donc un album qui me ressemble.
Et c’est là la magie de Jacky : il est partout sur l’album, dans les arrangements, derrière le piano, dans les souffles, dans les silences, et pourtant, c’est moi qu’on entend. Pas ma voix, hein ? Moi. Qui je suis, la personne que je suis, la femme que je suis, l’artiste que je suis. Rien n’aurait été aussi beau sans lui, et il a réussi à créer avec toute cette équipe de folie, un album qui me ressemble, qui me colle à la peau, à l’âme, au coeur.
Avec 100% de lui, il a fait un album qui est 100% de moi. C’est fou, non ?

Et, encore une fois, c’était pas gagné, parce que je suis arrivée avec 20.000 couches de trac et de stress. On avait joué ensemble qu’à l’Olympia ! Et j’avais peur qu’on ne se « trouve » pas tout de suite. Je faisais confiance à Jacky, vous imaginez bien ! C’est à moi que je ne faisais pas confiance. Souvent, je me suis laissée submerger par le doute de ne pas être à la hauteur,  et ce jusqu’à la porte du studio pour tout vous dire.
Mais très vite, j’ai trouvé et entendu dans le jeu de Jacky une complicité… aaarh, je n’arrive pas à vous la décrire. C’est indicible, c’est intérieur, comme une certitude au plus profond de soi. Une confiance qui a réussi peu à peu à me faire lâcher prise, moi qui d’habitude par la force des choses contrôle tout et ne lâche rien de peur que tout se casse la figure. Avec douceur, avec pugnacité, avec bienveillance, il m’a déshabillée de mes peurs, et il ne m’a pas fallu plus de quelques heures pour que je me mette totalement à nu, peu importe ce que ça pouvait coûter en sueur, en larmes, en concentration, en risques. J’étais prête à vivre avec lui le rollercoaster émotif auquel il m’invitait et qui était nécessaire pour donner naissance à l’album que nous voulions réaliser.
En vérité, on dirait pas comme ça, mais les mots me manquent pour le remercier, et je chérirai à jamais toutes les belles choses que nous nous sommes dites pendant ce séjour.

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Et maintenant, WHAT ?
L’album est dans la boîte, et il manque encore quelques jours de mixs et le mastering complet pour qu’il soit tout fini comme il faut. Côté sortie, rien est fixé encore, mais un single sortira certainement très bientôt, j’espère avant la fin de l’année (Je ne pourrais pas attendre plus longtemps gniiiiiiiiiiii !!!).
En attendant, les concerts continuent, et vous pouvez suivre toutes mes aventures et vous tenir informés des prochaines dates sur ma page Facebook. Le prochain a lieu le samedi 19 septembre au Petit Journal Montparnasse, à l’occasion du festival organisé pour les 30 ans du lieu et qui est à ne pas manquer ! On a monté un répertoire spécial pour l’occasion, et nous serons 10 sur scène ! De quoi envoyer du lourd, et fêter cet anniversaire comme il se doit 😀

Mais sachez que je n’ai qu’une hâte, c’est de vous faire écouter cet album pour lequel je me suis donnée corps et âme et qui, en studio, nous aura tant fait pleurer de trop d’émotions chouettes et belles et intenses, tous autant que nous étions. On oublie jamais ses premières fois et je n’oublierai jamais les moments secrets, précieux, drôles, émouvants, intimes, de cette folle aventure.

Le futur s’annonce radieux, et j’espère (… je suis sûre !) que vous serez tous au rendez-vous !
Je vous embrasse tous, et à très vite !

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